Le leader en Bretagne de la distribution de fruits et légumes, dont le siège est près de Brest, s'implante dans tout l'Ouest.
« Quand je suis entré en 1987, j'étais le vingt-septième salarié. Aujourd'hui nous sommes six cents », témoigne Denis Le Saint, codirigeant avec son frère Gérard du groupe leader de la distribution de fruits et légumes en Bretagne.
L'expansion et les acquisitions se sont accélérées depuis 2000, avec un chiffre d'affaires qui a doublé de 2004 à 2008, pour dépasser 140 millions d'euros. Le groupe brestois et ses filiales sont maintenant implantés à Vannes, Quimper, Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), La Roche-sur-Yon (Vendée), Trémuson (Côtes-d'Armor).
Zone du Prat, à Vannes, un entrepôt de 3 500 m2 permet de livrer dans tout le Morbihan fruits et légumes, des fleurs et plantes... Et ce depuis le rachat de la société Armor Fruits en 1999 (créée en 1971). En 2000, c'est la fusion avec la SA Le Mellec, grossiste en fruits et légumes. C'est aussi l'année de l'extension de l'entrepôt.
Tous les jours, cent vingt camions livrent les restaurants, les cantines ou la grande distribution (Leclerc, Système U et Intermarché). Les importations représentent à peu près 30 % des commandes. 15 % des produits sont directement achetés chez les producteurs dans une ceinture de 50 km. « Tout ce qu'on peut acheter dans le coin, on le fait », assure le patron.
Inciter aux fruits de saison
Il y a aussi les cent producteurs de tomates et fraises Savéol et les huit cents maraîchers Prince de Bretagne, qui trouvent ainsi un débouché vers la France entière via le réseau de distributeurs Créno, auquel adhère Le Saint. Le reste vient de partout en France.
Pour tenir son rang, Le Saint doit être capable d'avoir de tout, tout le temps. Même des produits transformés pour la restauration collective comme du chou râpé ou des frites fraîches précuites. Dans les entrepôts réfrigérés à 6-7 °C, sous les pieds des opérateurs pendus au téléphone pour prendre les commandes des restaurateurs jusqu'à parfois 23 h, on trouve bien des fraises en février !
Pourtant, les temps changent. La mode est à la consommation des produits de saison. Une menace pour l'entreprise ? « Pas du tout » répond Denis Le Saint. « C'est une bonne nouvelle. Le fruit est meilleur et moins cher. Les gens vont s'y retrouver. Ils vont se régaler ». Et peut-être consommer plus de fruits et légumes, alors que la tendance nationale est à la baisse : 163 kg par an par ménage en 1999, 150 kg en 2006.
Le Saint a fait parler de lui en vendant sa « Boît'à fruits » pour inciter à consommer des fruits à l'école ou au bureau. Il a lancé la marque Charnel. Il propose même une gamme bio. Elle pèse encore « moins de 5 %, mais ça monte », selon Denis Le Saint.
À son siège historique de Bourg-Blanc, près de Brest, Le Saint compte 130 salariés, sur l'effectif total de 600.
Sébastien PANOU.